samedi 26 novembre 2011

Les lettres rugueuses

Afin que Chloé puisse mieux cerner le son des lettres (elle connait leurs noms...) j'ai fait des lettres rugueuses plus grandes et plus colorées. J'ai pris les mêmes caractères que Libellule (voir son blog, une merveille pour qui veut en savoir plus sur la pédagogie). J'ai découpé dans du carton épais des rectangles de 15x20 cm, en ai peint 6 en rouge et 20 en bleu, pour différencier les voyelles des consonnes et j'ai passé une couche de vernis. Après avoir découpé les lettres dans du papier de verre au grain fin (ne pas hésiter à en tester plusieurs, attention aux petits doigts fragiles des enfants) les coller... et voilà.
Pour ce qui est de la présentation :
- se laver les mains à l'eau tiède et bien les essuyer
- passer deux doigts (index et majeur) sur la lettre dans le sens du tracé
- prononcer le son (par exemple pour c on ne dit pas "cé" mais "ke")
- faire la même chose avec la main gauche (même si la main directrice est la droite)
Une fois que la présentation est faite, laisser faire l'enfant, ne le reprendre que si la manière de tracer est incorrecte. Faire la leçon en trois temps. En général on commence par trois lettres dont une est l'initiale du prénom de l'enfant... ensuite pour la progression il n'y a pas vraiment de règle, mais on lui apprend en premier les lettres de la première dictée muette.
Chloé a les lettres apprises en libre-service, elle les touche quand elle veut, elle le fait souvent avant de les tracer dans la semoule ou sur l'ardoise.

L'ambiance

L'ambiance... c'est cela qui me pose le plus de problèmes.
La pédagogie Montessori n'est pas juste une méthode d'apprentissage mais plutôt une manière de vivre. Nous devons offrir aux enfants un espace lumineux, beau qui favorisera l'harmonie. L'enfant apprend dans le mouvement, la joie et la liberté.
Mon problème réside dans le fait que l'appartement dans lequel nous sommes ici ne répond en aucun cas à tout cela. Il n'est pas lumineux : les fenêtres sont petites, avec des clayettes, tout est fait pour laisser rentrer un minimum de lumière et donc pour protéger de la chaleur ; la climatisation tournant toute la journée, il faut garder cet air "frais". Pour ce qui est de l'harmonie, alors là.... Cet appartement est "biscornu" et petit (dans le sens où aucune pièce n'a suffisamment d'espace pour faire un "coin" montessori), ce qui est difficile pour favoriser le travail. Nous avons une étagère dans le salon, un petit bureau à l'opposé, et la plupart du matériel est rangé faute de place !
J'ai fait des étiquettes avec tout ce que Chloé peut faire, mais on ne peut pas dire que cela facilite pas la spontanéité de l'enfant ni le rôle de l'éducateur.. en l'occurence moi !
Et malgré, cette ambiance à peine posée, le travail se fait, la volonté se façonne, la concentration arrive...
J'assiste à un changement qui se fait petit à petit...

(oui, je sais, elle a une erreur dans le dégradé des marrons)

Chloé est fière de son travail, elle aime nous appeler quand elle a finit, pour nous le montrer, mais elle n'attend pas de congratulations.
Au départ, je trouvais cela difficile de ne pas dire à son enfant un "whaouh..super... très joli.." Je comprends désormais pourquoi. Marion et Clément qui on été habitué à ces élans de fierté parentale, sont toujours plus ou moins en attente d'une remarque, d'une approbation, d'une évaluation de leur travail... mais parce qu'ils ont été habitué comme cela... La pédagogie Montessori était à mille lieues de nous... mais pour Chloé qui a "baigné" dedans, cela est différent.
Un exemple : Chloé est passionnée de chevaux (forcément à Djibouti, ce n'est pas l'endroit idéal pour une telle passion!...), et elle essaie depuis plusieurs mois de les dessiner du mieux qu'elle peut... Hier, elle a réussi à faire le museau (jusqu'à présent leur tête ressemblait plus à une "boule") et elle a fait le tour de chaque membre de la famille en disant "regardez, ça y est, j'ai réussi", elle n'attendait aucun bravo, il y avait dans ses yeux l'étincelle de la satisfaction d'avoir accompli quelque chose de grand, de le partager, mais de n'en rien attendre des autres.

dimanche 20 novembre 2011

Montessori...





Petit à petit, nous retrouvons une ambiance montessorienne... beaucoup de vie pratique, mais cela nous ne l'avons jamais vraiment laissé de côté, et puis du sensoriel, des mathématiques, la lecture et l'écriture en phase d'acquisition (mais comme nous reprenons un chemin montessorien, ce n'est que reculer pour mieux sauter)...
Tant que nous sommes à Djibouti, j'achète le matériel sachant qu'en France je n'en aurai plus les moyens.
Il a fallu que je me replonge dans le livre la pédagogie scientifique de Maria Montessori pour me remettre dans le rôle de l'éducateur avec l'humilité, la patience, la retenue et l'observation dont il faut savoir faire preuve.
Chloé ayant toujours plus ou moins "baigné" dans cette ambiance, elle revient vers son matériel avec plaisir... bien qu'une année scolaire soit passée avec des acquisitions qui se sont faites avec une pédagogie autre, on s'y remet... avec beaucoup de dispersion pour Chloé qui enchaîne les activités sans vraiment s'arrêter... l'attention reviendra.

Petit extrait de la pédagogie scientifique :
"Les maîtresses ont aussi un langage par lequel elles se comprennent entre elles sans employer les termes communs, qui sont impropres à donner l'idée exacte des faits qu'elles voient se produire. Ainsi elles ne disent jamais : l'enfant se développe ou fait des progrès, il est sage, il est méchant ; mais le terme unique est celui-ci : l'enfant s'ordonne ou ne s'ordonne pas. C'est l'ordre intérieur qu'elles attendent, et sur ce principe d'être ou ne pas être se fonde le tout ou le rien.
Ceci fait penser à un concept plus profond de la "croissance". Dire qu'un être vivant croît est très superficiel. En effet, il croît, mais sa croissance résulte de l'ordre intérieur qui se fait en lui."